
Écrit par le capitaine Rey Garcia-Salas
Le soir du 17 juillet 2025, sous le calme solennel du crépuscule, une veille historique a eu lieu à la mémoire du caporal Francisco (Frank) Gomez, un fier soldat canadien d’origine latino-américaine qui a donné sa vie alors qu’il servait en Afghanistan en 2006.
Organisé par le Comité des soldats latino-américains au Canada (CSLAC), l’ambassade du Guatemala, le Cimetière national Beechwood (CNB) et avec le plein appui des Forces armées canadiennes, cet événement commémoratif a marqué un jalon important : la première cérémonie officielle visant à honorer l’héritage et les sacrifices des hommes et des femmes d’origine latino-américaine dans l’histoire militaire du Canada.
Le maître de cérémonie, Nick McCarthy (CSLAC et CNB), a ouvert la veille avec un accueil chaleureux, rappelant à toutes les personnes présentes que cet événement n’était pas seulement un hommage au Cpl Gomez, mais également un moment de reconnaissance collective pour tous les Latino-Américains qui ont fièrement servi dans les Forces armées canadiennes depuis la Première Guerre mondiale. Ce fut une soirée empreinte de dignité, de souvenir et de gratitude profonde.
Conformément à la tradition militaire solennelle, la cérémonie a commencé par la Dernière sonnerie, suivie de deux minutes de silence, du Réveil et de l’Élégie. Une cérémonie de dépôt de fleurs et d’allumage de chandelles profondément symbolique a suivi, dirigée avec grâce par l’adjudant Pinet.
Les fleurs ont été placées respectueusement par :
- Giuseppe Marconi, représentant le Comité des soldats latino-américains au Canada
- Carlos Eduardo Bran, au nom de l’ambassade du Guatemala
- Wayne MacCulloch, représentant les Forces armées canadiennes
- L’aumônier du CSLAC, Yves Lesieur, et sa femme Kathy, qui ont déposé une couronne que Kathy a fabriquée à la main en utilisant les couleurs des drapeaux latino-américains – un hommage personnel et sincère
- Le colonel Ronald Gonzales Regazo, représentant le corps des attachés militaires
Le ministre-conseiller de l’ambassade du Guatemala, M. Carlos Eduardo Bran, a prononcé une allocution poignante sur l’engagement indéfectible du Cpl Gomez envers les valeurs que défend le Canada. Il a souligné ses contributions aux missions à l’étranger et a souligné l’importance croissante des Latino-Américains dans les FAC et la coopération bilatérale entre le Canada et les pays d’Amérique latine.
Le capitaine Rey Garcia-Salas, s’exprimant au nom des FAC et du CSLAC, a rendu hommage aux 23 ans de carrière militaire du Cpl Gomez – depuis son service au sein du régiment aéroporté d’élite en Somalie jusqu’à ses missions en Bosnie et à Chypre et, enfin, à son déploiement en Afghanistan. On se souvient du Cpl Gomez non seulement comme un soldat hautement qualifié, mais aussi comme un homme de principe qui a choisi de rester proche de ses pairs, incarnant l’humilité, le professionnalisme et la camaraderie.
« Sur le champ de bataille, dans les missions à l’étranger ou dans n’importe quelle base au pays, il n’y a pas de races, pas de couleurs et pas de divisions », dit le Capt Garcia-Salas. « Nous portons tous le même uniforme, nous nous faisons confiance et nous nous confions mutuellement nos vies. »
Au moment de son décès, le Cpl Gomez servait au sein du Lord Strathcona’s Horse (Royal Canadians), détaché auprès du 1er Bataillon, Princess Patricia’s Canadian Light Infantry. Le 22 juillet 2006, lui et le Cpl Jason Warren ont tragiquement perdu la vie dans une attaque-suicide à la voiture piégée près de Kandahar. Huit autres soldats ont été blessés. Pour son service exceptionnel, le Cpl Gomez a reçu la Décoration des Forces canadiennes et la Médaille du service spécial.
L’aumônier du CSLAC, Yves Lesieur, a offert des réflexions finales qui ont parlé de l’esprit d’amour et d’altruisme dans la vie du Cpl Gomez. « Même s’il ne connaissait pas beaucoup de gens personnellement, il a donné sa vie pour ses amis. C’est ça l’amour absolu », dit-il. Sa femme, Kathy, a suivi avec une prière en espagnol, un beau geste qui embrassait les racines culturelles de la soirée.
Les messages laissés dans le livre du souvenir du CSLAC ont souligné la profonde résonance émotionnelle de l’événement :
- Le Cplc Ortiz Gutarra a écrit : « C’est un honneur de commémorer la mémoire du Cpl Gomez, qui représentait le Canada et la communauté latino-américaine et caribéenne au sein des FAC. Merci pour votre service. »
- Le colonel Santiago Altamirano, attaché militaire de l’Équateur, a ajouté : « Servir la liberté des peuples et la liberté de vivre est un honneur. Merci pour votre service. Que Dieu bénisse ce que votre cœur a protégé. »
- Christopher Baldacchino, représentant de Souvenir Français, a écrit : « Nous devons tous nous souvenir et ne jamais oublier ce qu’ils ont fait et sacrifié pour la communauté. Nous nous souviendrons d’eux. »
La veille s’est terminée par l’hymne national du Canada, qui a retenti sur le terrain du cimetière national Beechwood comme un geste final de révérence et d’unité.
Bien que le Cpl Gomez n’ait laissé ni épouse ni enfants, il a laissé derrière lui quelque chose d’encore plus durable : un héritage de courage, d’humilité et de sacrifice. Son nom s’inscrit maintenant parmi les histoires qui façonnent le récit militaire du Canada, et dans le cœur de ceux qui continuent à servir en son honneur.
Cette veille était plus qu’une cérémonie. Il s’agissait d’une déclaration – que les contributions de toutes les personnes qui servent, quelle que soit leur origine, sont valorisées et commémorées.
C’est un rappel que tout ce qui nous tient à cœur au Canada – nos libertés, notre sécurité, nos droits de la personne – existe grâce aux sacrifices de ceux et celles qui servent en uniforme.
C’est une vérité que nous ne devons jamais oublier :
- Notre force en tant que nation réside dans notre unité.
- Notre résilience naît de notre diversité.
- Et notre avenir est assuré par le courage des personnes qui se tiennent ensemble, comme l’ont fait nos ancêtres et comme le font encore aujourd’hui nos militaires.
Caporal Francisco Gomez – nous nous souvenons de vous. Nous vous honorons. Un grand merci.






